En marge de la poursuite de sa mission officielle en Belgique, le ministre d’État chargé de la Justice, Guillaume Ngefa, a été interpellé par la diaspora Congolaise sur plusieurs dossiers sensibles, notamment des cas présumés de spoliation de biens à la suite de décisions judiciaires en République Démocratique du Congo.
Lors d’une rencontre organisée mardi 24 mars 2026 à l’ambassade de la République Démocratique du Congo, en présence de l’ambassadeur Christian Ndongala, de nombreux compatriotes ont exprimé leurs inquiétudes quant à l’accès à la justice. Selon une dépêche de la cellule de communication du ministère, près d’une centaine de Congolais ont pris part à cet échange.
Dès l’ouverture, Guillaume Ngefa a insisté sur sa volonté d’« écouter les préoccupations » de la diaspora, en particulier sur les questions liées à la justice. Les participants ont notamment évoqué des cas de spoliation, les difficultés d’obtention du certificat de nationalité, ainsi que la question des restes humains Congolais conservés dans certains musées Européens.
Le ministre a rappelé que son portefeuille couvre également l’état civil et la délivrance des certificats de nationalité, assurant que ces services doivent être accessibles à tous « sans paiement indu ».
Huit (08) mois après sa prise de fonctions, Guillaume Ngefa a dressé un état des lieux sans détour : « Sans justice crédible, il n’y a ni paix durable, ni sécurité juridique, ni développement économique », a-t-il martelé.
Face à la diaspora, il a détaillé les cinq priorités de son action, parmi lesquelles la lutte contre l’impunité, la corruption et la spoliation des biens fonciers. À titre d’exemple, il a évoqué l’interception récente de plus de trois (03) millions de dollars à l’aéroport de N'djili.
Autre chantier majeur : l’humanisation des conditions carcérales. Qualifiant la situation actuelle d’« infrahumaine », le ministre a plaidé pour des prisons orientées vers la réinsertion plutôt que la dégradation des détenus. Il a également mis en avant la réforme du cadre légal et le renforcement de la coopération judiciaire avec plusieurs pays.
La digitalisation du système judiciaire figure aussi parmi les priorités, avec l’objectif de permettre aux Congolais, y compris à l’étranger, d’accéder directement aux décisions de justice.
Sur le terrain, le ministre a dénoncé l’existence de « déserts judiciaires », citant ses déplacements à Demba et Ndujimai, où l’absence ou le dysfonctionnement des tribunaux oblige les autorités coutumières à rendre la justice. Pour y remédier, cinq tribunaux de paix seront construits à Kabeya Kamwanga, Tshilenge, Lupatapata, Basankusu et Kutu.
Concernant la situation sécuritaire à l’Est, Guillaume Ngefa a rappelé que le président Félix Tshisekedi a récemment pris une ordonnance annulant tous les actes administratifs et judiciaires posés par le M23, afin de réaffirmer l’autorité de l’État. Il a assuré que son ministère suit de près les crimes commis dans cette région, en coordination avec la Belgique et d’autres partenaires.
Enfin, le ministre a évoqué la « diplomatie judiciaire » engagée pour rapatrier les fonds détournés par des personnalités congolaises condamnées à l’étranger. Des accords ont déjà été conclus, notamment avec le Qatar, tandis que des discussions se poursuivent avec d’autres pays.
Se présentant comme un « ministre de proximité », Guillaume Ngefa a conclu en réaffirmant sa volonté de bâtir une justice « crédible, transparente et proche des citoyens », tant en République Démocratique du Congo qu’au sein de sa diaspora.
Gloire Malumba