Soixante-six (66) ans après son indépendance, la République Démocratique du Congo fait toujours face à plusieurs défis pour se développer et se hisser en bonne position sur la scène internationale, ceci malgré ses nombreuses potentialités dont ce pays regorge. La RDC par exemple manque un fonds pouvant financer de recherche patrimoniale.
C’est dans ce cadre que Jean-Paul Lumbulumbu, ancien Vice-Président de l’assemblée provinciale du Nord-Kivu, avocat et expert dans différents domaines a mené une recherche dans le cadre de son travail de fin de session au Collège de Hautes Études de Stratégie et de Défense (CHESD) qu’il a défendu et soutenu ce 15 juillet 2026 dans la ville de Kinshasa. Le sujet de son travail a porté sur « Financement de la recherche scientifique sur le patrimoine : un investissement stratégique pour la République Démocratique du Congo ». Ce chercheur propose la création d’un fonds national de recherche patrimoniale, en sigle FNRP.
Devant un jury composé des experts internationaux et nationaux hautement qualifiés du CHESD dont le Général Français Jacques Michel Renaud, le Colonel Jean Letalanko Lonyango et Mme Angélique Busine.
« Nous avons mis en évidence un paradoxe : la RDC tire plus de 50% de ses recettes publiques de l'exploitation des ressources naturelles (Cuivre, Cobalt, Diamant, Coltan,...). Un pays densément riche par son patrimoine (Naturel, culturel, historique et scientifique) mais dont la recherche scientifique sur le même patrimoine souffre d'insuffisance de financements du budget de l'Etat. Pourtant, depuis 1960, la RDC ne dispose d'aucun répertoire global de son patrimoine : ni d'inventaire général, ni documentation, ni protection, ni préservation, ni valorisation », a-t-ildéclaré.
Dans cette étude, Jean-Paul Lumbulumbu a ressorti « l'obsolescence du cadre juridique sur la recherche scientifique en RDC depuis 1960, l'absence d'une politique cohérente et d'une volonté politique prononcée, l'insuffisance des financements dans le secteur de la recherche scientifique, nous avons condamné la très forte dépendance des financements extérieurs dans un secteur de souveraineté, l'absence d'un inventaire global du patrimoine de la RDC depuis 1960, le manque de coordination des financements extérieurs existants, le manque de culture et éthique patrimoniales ».
Plus loin, ce ressortissant de CHESD a démontré « l'inefficacité du fonds national de recherche scientifique et innovations technologiques(FNRSIT) mis en place en 2023 sur base de l'ordonnance-loi du 05 novembre 1982, du Fonds d'intervention pour l'environnement (FIPE), du Fonds pour les générations futures (FOMIN) voire du FONER ».
Après analyse et confrontation des options stratégiques possibles, ce chercheur et ancien Vice-Président de l’assemblée provinciale du Nord-Kivu propose plutôt à la Première Ministre Judith Suminwa la création d'un fonds national de recherche patrimoniale(FNRP) comme l'unique option stratégique de financement de la recherche scientifique sur le patrimoine et compatible avec la souveraineté scientifique et culturelle de la RDC.
« Nous conseillons à l'Etat Congolais le recours à la parafiscalité, c'est-à-dire au financement par des moyens innovants comme source de financement du FNRP. Il s'agit des prélèvements d'une redevance sur les activités des acteurs publics et privés qui tirent directement profit de l'exploitation dans les secteurs des mines, énergie, pétrole, tourisme, culture et arts », insiste Jean-Paul Lumbulumbu.
Et deconclure : « Pour nous, l'exploitation du patrimoine doit contribuer à la recherche scientifique, la valorisation, la protection et la préservation du même patrimoine congolais. Cette option présente plusieurs avantages : elle préserve la souveraineté scientifique et culturelle, elle présente les caractéristiques de la stabilité, la durabilité, l'inclusivité et la faisabilité », conclut-il.
Cette recherche menée par Jean-Paul Lumbulumbu sous la supervision du professeur Cyril Musila s’inscrit dans le cadre de la 9e promotion du Collège des Hautes Études de Stratégie et de Défense pour sa promotion spéciale de l’année académique 2025-2026.
Pacheco Kavundama