Le Vice-Ministre du Budget, Élysé Bokumwana, a clôturé, mercredi 22 juillet 2026, au nom du Vice-Premier ministre, ministre du Budget, Adolphe Muzito, les conférences de performance consacrées à l'examen des projets annuels de performance (PAP) qui accompagneront le projet de loi de finances de l'exercice 2027. Organisées dans le cadre de la réforme de la gestion des finances publiques, ces assises ont permis d'évaluer le niveau de préparation des administrations publiques à la mise en œuvre du budget-programme, dont l'entrée en vigueur est prévue le 1er janvier 2028.
Réunissant 53 administrations sur les 57 attendues, les travaux, conduits sous la supervision des secrétaires généraux et de leurs représentants, ont offert aux délégations ministérielles l'occasion d'échanger avec les experts du ministère du Budget sur les principales composantes des PAP. Les discussions ont porté notamment sur les stratégies sectorielles, les objectifs, les indicateurs de performance, les cibles de résultats, ainsi que sur l'évolution des crédits et des effectifs.
Au total, les participants ont examiné 171 programmes, 624 actions, 231 objectifs stratégiques, 700 objectifs opérationnels et 1 612 indicateurs de performance. Ces échanges ont permis d'apprécier la qualité des PAP, de relever plusieurs insuffisances techniques et méthodologiques et de proposer des pistes d'amélioration afin de les rendre conformes aux exigences du budget-programme.
Clôturant les travaux, Élysé Bokumwana a souligné que les conclusions de ces conférences alimenteront les prochaines conférences budgétaires.
« Le rapport final de ces conférences constituera un apport aux conférences budgétaires qui s'ouvrent ce lundi. Que cette expérience nous rappelle que la réussite de la réforme du budget-programme repose avant tout sur notre capacité collective à nous mobiliser, à nous corriger et à avancer ensemble, dans un dialogue permanent entre les équipes techniques et la hiérarchie. C'est ce qui nous permettra d'aborder sereinement le basculement effectif vers le budget-programme », a-t-il déclaré.»
Selon le rapport de synthèse présenté par Alain Lubamba, directeur général de la Direction générale de développement et de suivi des performances (DGDSP), plusieurs défis persistent. Parmi eux figurent la concentration de plus de 60 % des crédits dans le programme « Administration générale », la faiblesse de certains indicateurs de performance, des stratégies de programme encore insuffisamment développées, des tableaux budgétaires incomplets, ainsi que le besoin de renforcer les capacités des équipes techniques et de stabiliser les acteurs impliqués dans l'élaboration des PAP.
L'analyse qualitative révèle par ailleurs que 35 % des indicateurs mesurent l'efficacité socio-économique des politiques publiques, 10 % évaluent la qualité des services rendus aux usagers et seulement 0,5 % portent sur l'efficience de la gestion publique. En revanche, 54,5 % demeurent centrés sur les moyens, les activités ou les produits plutôt que sur les résultats.
Le rapport souligne également une évolution du dispositif de performance : 71 % des objectifs de performance et 67 % des indicateurs sont nouveaux, traduisant l'introduction d'objectifs et d'indicateurs au niveau des actions.
À l'issue des travaux, les participants ont recommandé de poursuivre le renforcement des capacités des acteurs du budget-programme, d'améliorer la qualité des indicateurs en privilégiant ceux orientés vers les résultats, la qualité des services publics et l'efficience de la gestion, d'intensifier la vulgarisation des textes régissant le budget-programme, d'élaborer un guide sur les critères de sélection des opérateurs de l'État conformément au décret sur la gouvernance budgétaire, ainsi que de renforcer la collaboration entre les cabinets ministériels, les secrétariats généraux et les services sous tutelle.
Pour Alain Lubamba, ces conférences constituent une étape importante dans l'appropriation de la budgétisation par programme.
« Malgré les défis relevés, les conférences ont permis d'évaluer le niveau de maturité des ministères dans l'appropriation de la budgétisation par programme, de valider les projets annuels de performance qui accompagneront le projet de loi de finances 2027, de renforcer la culture de la performance au sein des administrations publiques et d'améliorer la robustesse du dispositif d'évaluation grâce à une meilleure documentation des indicateurs », a-t-il affirmé.
Cette édition revêt une importance particulière puisqu'elle constitue l'avant-dernière conférence de performance avant le basculement officiel vers le budget-programme, prévu le 1er janvier 2028. Cette échéance marquera une étape majeure de la réforme des finances publiques en République Démocratique du Congo (RDC), après les moratoires accordés par la représentation nationale en 2018 et en 2023.
Gloire Malumba