L’ancien Vice-Président de l’Assemblée provinciale du Nord-Kivu condamne fermement le Front pour la Refondation de la Nation (FRN), qu’il considère comme une « menace » pour la souveraineté nationale et le processus de paix en République Démocratique du Congo.
Jean-Paul Lumbulumbu, notable du Nord-Kivu, exprime son indignation face à l’émergence du Front pour la Refondation de la Nation (FRN), associé à l’ancien président Joseph Kabila. Dans une déclaration au ton particulièrement ferme, il dénonce ce qu’il considère comme une « contradiction » entre les anciennes fonctions de chef de l’État exercées par Joseph Kabila et son implication présumée dans une nouvelle dynamique politique qu’il juge préjudiciable à la République.
Se présentant comme un fils du Nord-Kivu et une victime de la guerre dans l’Est du pays, Jean-Paul Lumbulumbu affirme ne pas vouloir se taire devant une situation qui, selon lui, risque de compromettre davantage la paix, l’unité nationale et la souveraineté de la RDC.
Pour ce responsable politique, la refondation de la nation congolaise ne peut se concevoir en dehors du respect de la Constitution, de l’intégrité territoriale, de la souveraineté nationale et de la volonté du peuple. Il estime qu’aucune ambition politique ne peut justifier la poursuite des violences armées ni les souffrances imposées aux populations de l’Est.
« Aucune ambition politique, aucun calcul stratégique et aucune prétention au pouvoir ne peuvent justifier que le peuple de l’Est du pays continue de payer le prix du sang », martèle-t-il, appelant à mettre fin à des décennies d’instabilité et de conflits qui ont profondément meurtri les communautés locales.
Dans sa déclaration, Jean-Paul Lumbulumbu établit un parallélisme entre les différentes rébellions qui ont marqué l’histoire récente de la RDC, notamment le Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD), le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), le Mouvement du 23 mars (M23) et l’Alliance Fleuve Congo (AFC).
Il soutient que les changements de dénomination et les tentatives de présenter ces mouvements sous une identité Congolaise ne suffisent pas à leur conférer une légitimité nationale. Dans cette perspective, l’ancien Vice-Président de l’Assemblée provinciale du Nord-Kivu considère que la création du FRN ne saurait effacer les préoccupations liées à la guerre dans l’Est ni justifier le recours à la violence.
Ce notable du Nord-Kivu estime que l’association du nom de Joseph Kabila à cette nouvelle plateforme soulève une question fondamentale sur la responsabilité des anciens dirigeants dans la préservation de la paix et des institutions républicaines.
Ses accusations traduisent sa position politique sur la crise sécuritaire. Les responsabilités qu’il évoque à l’égard des différents acteurs doivent toutefois être distinguées des faits judiciairement établis.
Jean-Paul Lumbulumbu s’interroge également sur l’héritage que l’ancien Président Joseph Kabila laisserait aux générations actuelles et futures. Il juge contradictoire qu’un ancien chef de l’État, qui a exercé les plus hautes fonctions de la République, puisse être associé à une dynamique qu’il considère comme contraire aux intérêts nationaux.
« Quelle trahison ? Quelle ingratitude envers le peuple Congolais ? Quel héritage pour l’avenir de ce pays ? », s’interroge-t-il, exprimant son indignation face à ce qu’il perçoit comme un « reniement » des valeurs républicaines.
Dans des termes particulièrement sévères, il va jusqu’à contester le maintien du titre de président honoraire accordé à Joseph Kabila et réclame que son nom soit écarté des annales du pays. Ces propos illustrent la profondeur de son opposition à l’ancien chef de l’État et à la nouvelle orientation politique qu’il lui attribue.
Au-delà de ses critiques, Jean-Paul Lumbulumbu réaffirme son attachement à la République, à l’unité nationale et à l’intégrité territoriale. Il refuse que les souffrances des populations de l’Est soient banalisées ou que leurs sacrifices soient oubliés au profit d’ambitions politiques et militaires.
Il condamne le FRN, auquel il reproche de risquer d’aggraver les divisions nationales, d’institutionnaliser la violence et de fragiliser davantage la souveraineté Congolaise.
Dans son message, il appelle l’ensemble de la population Congolaise à défendre les valeurs démocratiques, le respect des institutions et l’accession au pouvoir par les voies constitutionnelles.
Pour ce député honoraire du Nord-Kivu, aucune ambition politique ne peut légitimer la conquête du pouvoir par les armes. Il estime que l’avenir de la RDC doit se construire autour de la paix, de la démocratie et du respect de la volonté populaire.
En conclusion, Jean-Paul Lumbulumbu rappelle que son attachement à la patrie demeure inébranlable malgré les souffrances provoquées par les conflits dans l’Est du pays. Il plaide pour une République souveraine, unie et libérée des violences armées.
À travers cette prise de position, le notable du Nord-Kivu remet au cœur du débat la question de la responsabilité politique des anciens dirigeants et de l’héritage qu’ils transmettent aux générations futures.
Son message est sans équivoque : « la RDC mérite un avenir fondé sur la paix, la démocratie et la souveraineté nationale ». Pour lui, l’accès au pouvoir doit passer par les urnes et non par les armes.
Pacheco Kavundama