Le député national Mbindule Mitono Crispin a, lors du débat général sur le projet de loi de finances pour l'exercice 2027, plaidé pour une augmentation historique des ressources allouées à l'armée. Il a ainsi demandé qu’une moitié de l'enveloppe budgétaire globale y soit consacrée.
L'élu de Butembo, réagissant à l’agression dans l’Est de la RDC et les massacres des ADF qui ne disent pas leur dernier mot dans cette partie de l’Est, estime que la sécurisation du territoire doit primer sur tout autre projet d'infrastructure.
« Notre pays est en guerre, j'ai vu la Première ministre dire qu'on va construire telle route ou tel bâtiment, mais on peut le faire si notre pays est en paix. C'est pourquoi, je plaide pour que les 50% de ce budget soient affectés à l'armée et aux services de la défense », a-t-il réagi.
Mbindule Mitono a également précisé que cet effort financier massif devrait servir des objectifs stratégiques précis, notamment la reconquête des zones sous occupation et la mise à disposition de la justice des acteurs de l'instabilité, citant nommément l'ancien président Joseph Kabila.
En réaction à cette proposition, la cheffe du gouvernement, Judith Suminwa, a tenu à rassurer la représentation nationale en affirmant que le renforcement des capacités militaires s'inscrit pleinement dans la vision de son équipe, tout en nuançant l'approche purement militaire de la crise. Elle a rappelé que la paix globale s'obtient aussi « au-delà des armes ».
Dans les prévisions actuelles, l'exécutif a d'ores et déjà sanctuarisé une part importante des ressources : « dernière cette orientation, votre gouvernement a alloué 20% des recettes courantes aux forces de défense et de sécurité, à la diplomatie et à la communication de la guerre. ces chiffres peuvent être rehaussés à 51 % des recettes courantes hors dépenses contraignantes de la dette et de rémunérations. Le député qui propose plus de ressources à la défense n'a pas du tout tort, cependant tout en faisant la guerre, votre gouvernement a l'obligation d'assurer le bien-être de la population dans son ensemble ».
Tout en concédant que « le député qui propose plus de ressources à la défense n'a pas du tout tort », la Première ministre a insisté sur la nécessité de maintenir un équilibre macroéconomique et social : « Tout en faisant la guerre, votre gouvernement a l'obligation d'assurer le bien-être de la population dans son ensemble ».
L'arbitrage budgétaire final au Parlement devra ainsi trancher entre l'urgence d'une économie de guerre totale et la continuité des services publics essentiels pour les Congolais.
Merveilles Kiro