Au deuxième jour du Forum économique Royaume-Uni–République Démocratique du Congo, ce mardi 03 novembre 2026 à Londres, le ministre Congolais du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a de nouveau invité les investisseurs Britanniques à saisir les nombreuses opportunités qu’offre la RDC, particulièrement dans le secteur des minerais critiques et de la chaîne de valeur des batteries électriques. Il a également plaidé pour l’instauration d’une ligne aérienne directe Londres-Kinshasa et la conclusion d’un accord d’exemption de visa afin de faciliter les déplacements des opérateurs économiques entre les deux pays.
Intervenant dans un panel consacré aux minerais critiques devant des Chefs d’entreprises et des banquiers Britanniques, Julien Paluku a dénoncé le mauvais narratif entretenu autour de l’Afrique et particulièrement de la RDC, qui, selon lui, contribue à éloigner les investisseurs. Il a appelé les partenaires britanniques à dépasser les préjugés pour découvrir les opportunités réelles qu’offre le marché Congolais.
Le ministre a notamment mis en avant le potentiel stratégique de la RDC dans la transition énergétique mondiale. Avec le cobalt, dont le pays est le premier producteur mondial, mais aussi le lithium, le nickel et le manganèse, la RDC constitue un maillon essentiel dans la fabrication des batteries et des véhicules électriques.
À ce sujet, il a rappelé l’ambition portée par les présidents Félix-Antoine Tshisekedi et Hakainde Hichilema de développer une grande chaîne de valeur Africaine autour des batteries électriques, en fédérant plusieurs pays producteurs de minerais stratégiques, notamment le Gabon, Madagascar, la Tanzanie, la Zambie, le Zimbabwe et l’Afrique du Sud.
Pour convaincre les investisseurs, Julien Paluku s’est également appuyé sur une étude de Bloomberg comparant les coûts d’investissement dans différents pays. Selon les chiffres qu’il a présentés, un investissement évalué à 117 millions de dollars aux États-Unis d'Amérique coûterait 112 millions en Chine, 67 millions en Pologne et seulement 39 millions de dollars en RDC. Un argument de compétitivité qu’il a mis en avant pour démontrer l’intérêt économique d’une implantation industrielle en territoire Congolais.
Mais au-delà des investissements, le ministre du Commerce extérieur estime que le partenariat entre Kinshasa et Londres doit également passer par la levée des obstacles à la mobilité. Il a ainsi plaidé pour l’établissement d’une liaison aérienne directe entre les deux capitales, notamment à travers « British Airways », ainsi que pour des partenariats visant l’exemption de visa entre les deux pays.
« Pour venir ici, il faut beaucoup de gymnastique. Comment va-t-on faire de la gymnastique quand on veut faire les affaires ? », a-t-il lancé, appelant à briser les barrières qui freinent encore les échanges économiques entre les deux pays.
Pour Julien Paluku, le Brexit ouvre également une nouvelle perspective dans les relations entre Londres et Kinshasa. Il estime que le Royaume-Uni peut désormais faire de la RDC et, plus largement, du marché africain, un partenaire stratégique de premier plan.
Pacheco Kavundama