Le ministre de la Santé publique a indiqué, au cours d’un briefing presse en cours à Kinshasa, que le taux de létalité lié à la maladie à virus Ebola Ebola virus disease est désormais estimé à moins de 17 %, une évolution jugée encourageante par les autorités sanitaires, malgré la persistance de l’épidémie dans certaines zones du pays.
Le ministre a précisé que la situation épidémiologique reste sous surveillance, tout en soulignant que les cas ne sont pas uniformément répartis sur le territoire national. Selon lui, l’épidémie demeure principalement concentrée dans trois provinces, dont la province de l'Ituri représente à elle seule environ 94 à 95 % des cas recensés.
Les autres provinces, les Nord et Sud-Kivu enregistrent des niveaux de contamination plus faibles, avec environ 19 cas signalés dans le nord et près de 3 cas dans le sud, selon les données présentées lors du briefing.
Au total, les autorités sanitaires font état de 381 cas cumulés confirmés depuis le début de la riposte et des opérations de dépistage. Le ministre a tenu à préciser que ces chiffres corrigent certaines estimations antérieures jugées exagérées.
Sur l’ensemble des cas confirmés, 63 décès ont été enregistrés, ce qui permet d’établir un taux de létalité inférieur à 17 %, selon les calculs des services sanitaires. Le ministre a comparé cette évolution aux précédentes épidémies d’Ebola, notamment celle liée à la souche Zaïre, dont le taux de mortalité pouvait atteindre jusqu’à 80 %.
Il a également insisté sur l’importance de la prise en charge précoce des patients, estimant qu’une intervention rapide permet de réduire significativement les risques de décès. À titre illustratif, il a évoqué le cas d’une zone ayant enregistré 19 cas pour 13 décès, soulignant que les retards de notification et de prise en charge pourraient expliquer la proportion élevée de décès observée localement.
Actuellement, environ 33 patients sont pris en charge dans les centres de traitement. Il s’agit soit de cas suspects isolés en attente de confirmation biologique, soit de patients déjà confirmés et bénéficiant de soins médicaux.
Le ministre a enfin appelé à renforcer la surveillance communautaire, la détection précoce et la remontée rapide des cas suspects, afin de limiter la propagation de la maladie et consolider les acquis de la riposte en cours.
Joël Heri Budjo