L'évêque du diocèse catholique de Butembo-Beni, Melchisédech Sikuli Paluku, a publié un message intitulé « Nous voulons d'abord la paix », dans lequel il exprime sa préoccupation face à la dégradation continue de la situation sécuritaire dans la région et interpelle les autorités Congolaises sur leurs priorités.
Dans ce document de compassion, d'interpellation et d'exhortation, le prélat affirme que le diocèse de Butembo-Beni reste confronté à une insécurité devenue presque permanente.
« Nous voulons d'abord la paix »
L'évêque rappelle que plusieurs zones du diocèse continuent de subir les conséquences des conflits armés.
« Le diocèse de Butembo-Beni souffre d’une insécurité presqu’endémique. La zone pastorale Sud vit sous l’occupation étrangère, avec la complicité de l’AFC/M23. Celle du Nord est affligée de manière répétitive par les actions meurtrières des ADF-Nalu ».
Il évoque notamment les massacres récemment enregistrés à Beni et à Mbau, ainsi que les violences qui ont touché d'autres localités du Nord-Kivu et de l'Ituri.
Une population confrontée à plusieurs crises
Au-delà des attaques armées, l'Église catholique souligne la montée du banditisme urbain, l'instabilité dans les zones rurales et les difficultés que rencontrent les populations pour poursuivre leurs activités agricoles et économiques.
Le message cite également la résurgence de la maladie à virus Ebola comme un facteur aggravant des souffrances des populations.
« Comme le malheur n’arrive jamais seul, la Maladie à Virus Ebola, de souche Bundibugyo, est venue compliquer la vie de toute la population. Tout cela devrait interpeller », regrette-t-il.
L'un des points centraux du message concerne le débat sur le changement de la constitution. L'évêque estime qu'un décalage existe entre les préoccupations de la population et celles de la classe politique.
« Nous constatons avec amertume un hiatus entre les préoccupations des politiciens et les besoins réels et légitimes des Congolais et des Congolaises », a-t-il déclaré.
Selon lui, alors qu'une partie du territoire national demeure sous occupation et que des massacres continuent d'être enregistrés, les dirigeants devraient concentrer leurs efforts sur la restauration de la paix.
« Nous estimons qu'il serait plus utile et urgent de leur part de se pencher sur la recherche de réponses adéquates à apporter aux attentes profondes de la population », poursuit-il.
Dans son message, l'évêque de Butembo-Beni demande au président de la République, au gouvernement, aux députés nationaux et aux sénateurs de faire de la paix et de la sécurité une priorité absolue.
« Pour notre pays, ce bonheur s'appelle : paix, justice, souveraineté, intégrité territoriale. À l'opposé, notre malheur se nomme : massacres, injustice, corruption, tribalisme », conclut-il.
Il appelle enfin les responsables politiques à agir dans l'intérêt du peuple et à œuvrer pour la restauration de la paix sur l'ensemble du territoire national.
Diddy Mastaki