Alors que les relations entre Kinshasa et Kigali sont au plus mal suite à l'aide apportée par les autorités rwandaises à la rébellion du M23 au Nord-Kivu, dans l'est du pays, les services de sécurité congolais ont annoncé l'arrestation de sujets congolais et rwandais accusés d'être à la solde de Kigali.
Dans la capitale de la République démocratique du Congo, Kinshasa, un réseau d'espionnage des services rwandais a été détecté et démantelé par les services de sécurité, apprend CONGORASSURE.CD des sources officielles.
Des sources concordantes, dont celle du ministère congolais de l'Intérieur, indiquent que quatre personnes sont impliquées. Ces espions, dont deux agissaient sous le couvert d'une ONG de développement (African Health Development Organization-AHDO) ont été révélés au public.
Les mêmes sources renseignent en outre que ces espions avaient non seulement infiltré certains officiers des FARDC, mais aussi des personnalités politiques de premier plan ainsi que des opérateurs économiques et des membres de la société civile.
En effet, après des enquêtes préliminaires menées par les services de renseignements, il s'avère que le téléphone crypté d'un des espions, qui est un militaire rwandais, après exploitation par les enquêteurs, a révélé qu'il avait accès à divers sites stratégiques de la capitale, en complicité avec certains officiers généraux et supérieurs des FARDC.
Le vice-ministre de l'Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jean-Claude Molipe Mandongo, a expliqué que "l'acquisition par ces espions d'une importante propriété foncière dans la zone de l'aéroport international de N'djili et de la base militaire de Kibomango laisse entrevoir la préparation d'un plan machiavélique similaire à celui qui fut à la base de l'assassinat de Juvénal Habyarimana et de son homologue burundais en 1993.
Alors que Kinshasa a annoncé la poursuite des investigations pour trouver d'autres espions, Kigali est resté silencieux jusqu'à mercredi matin. Les autorités rwandaises n'ont pas encore communiqué officiellement sur cet incident majeur qui risque d'envenimer davantage les relations entre les deux pays.
KMC, Kinshasa