Le gouverneur militaire de l’Ituri a ordonné la suspension des barrières de tracasserie sur l’ensemble de la province. Une décision saluée par la société civile Forces vives, qui y voit une mesure susceptible de réduire les frustrations de la population et de s’attaquer à l’un des facteurs de l’insécurité.
Pour le coordonnateur provincial de cette structure, Dieudonné Lossa, les barrières de tracasserie ne constituent pas seulement un problème économique. Elles auraient également contribué à alimenter le mécontentement dans les communautés et, selon lui, à favoriser l’émergence de certains groupes armés.
« Les barrières sont parmi les causes qui ont créé les groupes armés en Ituri », a-t-il dit.
La réaction de la Société civile est donc sans ambiguïté : la suspension annoncée doit être appliquée sans exception. Elle appelle les autorités à veiller à ce qu’aucune barrière ne soit rétablie sous une autre forme et que les populations ne continuent pas à être contraintes de payer de l’argent sur les routes.
Mais sur le terrain, le défi reste entier. La société civile affirme avoir reçu des informations faisant état de militaires qui continueraient à percevoir de l’argent auprès des civils malgré la décision.
Pour Dieudonné Lossa, cette situation doit être corrigée rapidement. Il demande au gouverneur militaire de prendre des mesures de contrôle et de sanction afin d’empêcher toute violation de sa décision.
« Ces armes sont les armes de l’État Congolais, les armes achetées par le peuple pour sa sécurité, non pas pour l’intimider », a-t-il déclaré.
L’enjeu est désormais de passer de l’annonce à l’action. La suppression effective des barrières pourrait contribuer à restaurer la confiance entre les forces de sécurité et la population. Elle pourrait également réduire certaines frustrations exploitées par les groupes armés pour gagner l’adhésion ou la sympathie de certaines communautés.
Cependant, cette mesure ne saurait à elle seule régler la question des groupes armés en Ituri. L’insécurité reste liée à plusieurs facteurs et exige des réponses sécuritaires, politiques, économiques et sociales.
La suspension des barrières apparaît ainsi comme un premier signal. Son efficacité dépendra surtout de son application réelle sur le terrain. Pour la Société civile, le temps des décisions doit désormais laisser place à celui du contrôle et des résultats.
Joël Heri Budjo