La ville commerciale de Butembo, dans la province du Nord-Kivu, est confrontée ces derniers jours à une recrudescence inquiétante de l’insécurité, marquée notamment par des assassinats enregistrés dans plusieurs quartiers, selon des sources locales concordantes.
Dans la nuit du 21 au 22 avril, au moins deux personnes ont été tuées dans des circonstances violentes. Parmi les victimes figure un motard opérant au parking de la cathédrale, abattu alors qu’il transportait deux clients vers un hôtel situé dans le quartier commercial. Grièvement blessé, il a succombé peu après et son corps a été déposé à la morgue de Matanda, indiquent des témoins. Une femme résidant dans le quartier Musimba aurait également été tuée la même nuit.
Par ailleurs, un homme a été la cible de tirs à son domicile dans le quartier Vubange. Il a survécu à l’attaque et reçoit actuellement des soins dans une structure sanitaire locale.
Face à cette montée de la criminalité, Promesse Matofali, opposant politique et ancien député provincial du Nord-Kivu, a vivement critiqué l’action des autorités sous le régime de l’état de siège. Il dénonce notamment ce qu’il qualifie « d’inconscience » dans la gestion sécuritaire.
« Il est étonnant de constater que des autorités non civiles, censées garantir la sécurité, s’en prennent aux motards et aux petits commerçants, alors que leur mission principale reste la lutte contre les assassinats et la criminalité », a-t-il déclaré.
L’acteur politique appelle les responsables à « relire l’ordonnance instaurant l’état de siège » et à recentrer leurs actions sur les priorités sécuritaires. Selon lui, la situation actuelle traduit un écart préoccupant entre les objectifs initiaux de cette mesure exceptionnelle et sa mise en œuvre sur le terrain.
Instauré en mai 2021 par les autorités congolaises dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, l’état de siège visait à endiguer l’insécurité persistante dans l’est du pays. Près de cinq ans après, son efficacité continue de diviser l’opinion. De nombreuses voix, tant au sein de la société civile que de la classe politique, appellent désormais à sa levée, estimant que les résultats escomptés ne sont pas au rendez-vous.
Dans ce contexte tendu, la population de Butembo reste exposée à des actes de violence récurrents, alimentant un climat de peur et d’incertitude.
Pacheco Kavundama