La République démocratique du Congo fait face à une vague de violence liée à une rumeur de « vol de sexe » masculin qui a semé la panique dans plusieurs provinces notamment au Maniema, Tanganyika, Haut-Katanga et Lualaba, suscitant une inquiétude grandissante au sein de la société civile et des autorités.
Depuis plusieurs semaines, des rumeurs faisant état de prétendues disparitions d’organes génitaux masculins après des contacts physiques se sont propagées dans des villes comme Kindu, Kalemie, Lubumbashi, Kolwezi, provoquant une psychose collective aux conséquences tragiques. Dans certaines villes, la peur a dégénéré en violences extrêmes : des personnes accusées d’être des « voleurs de sexe » ont été lynchées ou brûlées vives par des foules en colère, croyant lutter contre un danger réel.
Les autorités locales et les responsables municipaux ont été contraints d’intervenir pour tenter de ramener le calme. À Kalemie, par exemple, la mairie a dénoncé la rumeur du vol d’organes comme étant infondée et a appelé les habitants à ne pas se laisser emporter par des informations non vérifiées.
Dans la ville de Kindu, des rumeurs sur la disparition d’organes génitaux après une simple salutation ont conduit à des actions de justice populaire extrêmement violentes, avec des dizaines de victimes.
Les experts estiment que ce phénomène, bien que rare, n’est pas totalement inédit en Afrique, où des récits similaires ont circulé dans d’autres pays à différentes époques, souvent liés à des croyances mystiques ou à des interprétations erronées de phénomènes médicaux ou psychologiques.
Plusieurs organisations de la société civile ont dénoncé ces actes de violence collective et exhortent le gouvernement à renforcer l’éducation communautaire, l’accès à l’information objective et la présence des forces de l’ordre pour protéger les populations et prévenir de nouveaux lynchages.
Daudi Amin