La gestion des déchets solides à Bunia reste un défi majeur, malgré les efforts des autorités locales et les engagements pris par la République Démocratique du Congo en matière d’environnement. Une étude universitaire récente, primée avec une grande distinction, met en cause un facteur déterminant : les failles de la communication environnementale.
Réalisée par Dieudonné Umukayo Rundi dans le cadre de son mémoire de D.E.S à l’Université de Kisangani, cette recherche analyse l’impact des stratégies de communication des acteurs publics sur l’engagement éco-citoyen dans la ville de Bunia.
Dans un contexte de croissance démographique rapide, Bunia fait face à une augmentation constante de la production des déchets solides. Les capacités de collecte et de traitement peinent à suivre, entraînant la prolifération de dépotoirs sauvages dans les quartiers, l’obstruction des caniveaux et la pollution de certains cours d’eau, notamment les rivières Ngezi et Nyamukau.
Cette situation expose à en croire les récipiendaire, les habitants à des risques sanitaires accrus et dégrade l’environnement urbain, en dépit des engagements du pays à atteindre les Objectifs de développement durable relatifs à l’assainissement et à la gestion durable des villes.
L’étude souligne que les actions de sensibilisation menées par les autorités restent insuffisantes et peu adaptées aux réalités locales. Les messages sont généralement diffusés de manière descendante, sans réelle interaction avec les communautés.
Selon l’auteur, cette approche limite l’appropriation des enjeux par la population. De nombreux habitants continuent de percevoir la gestion des déchets comme une responsabilité exclusive des pouvoirs publics, ce qui freine leur implication dans les initiatives d’assainissement.
Face à ces constats, Dieudonné Umukayo Rundi recommande un changement d’approche. Il préconise une communication participative, axée sur l’implication des citoyens dans la conception et la diffusion des messages.
L’objectif est de favoriser une prise de conscience collective et de renforcer le sentiment de responsabilité individuelle et communautaire dans la gestion des déchets. Cette dynamique pourrait s’appuyer sur les leaders locaux, les organisations communautaires ainsi que les médias de proximité pour atteindre efficacement les différentes couches de la population.
Parmi les recommandations formulées, l’étude propose notamment :
l’élaboration d’un plan directeur d’assainissement urbain ; le renforcement des capacités des services publics compétents ; la mise en œuvre de campagnes de communication continues et adaptées ; et la promotion d’une culture éco-citoyenne durable.
Au-delà de la dimension environnementale, la gestion des déchets à Bunia constitue un enjeu de santé publique et de gouvernance urbaine. Elle nécessite une coordination efficace entre les autorités et les citoyens. En mettant en évidence le rôle central de la communication dans le changement des comportements, cette étude primée apporte un éclairage sur les leviers à activer pour améliorer durablement l’assainissement urbain dans la ville.
Joël Heri Budjo