La situation sécuritaire continue de se dégrader dans la province de l’Ituri, dans l’Est de la République Démocratique du Congo, où de nouvelles attaques attribuées aux rebelles des ADF provoquent une nouvelle vague de déplacements de populations civiles.
Après les récentes violences meurtrières enregistrées à Mambasa et Byakato, plusieurs habitants fuient désormais ces zones devenues particulièrement instables. Parmi eux figurent de nombreux déplacés internes ayant déjà fui les affrontements liés à l’occupation d’une partie du Nord-Kivu par la rébellion du M23.
À Biakato, les survivants décrivent des scènes de grande brutalité. Contactée après son arrivée sur les routes de fuite vers Beni, Mbabazi, une jeune femme originaire de Goma, affirme avoir vécu l’une des expériences les plus traumatisantes de sa vie.
« En tout cas, c’est du jamais vu. Machetter des humains comme des animaux. Jusqu’à présent, je ne parviens pas à croire à ce degré d’animosité », confie-t-elle, encore sous le choc.
Comme plusieurs autres déplacés, cette jeune femme avait quitté Goma pour échapper aux violences liées au conflit du M23. Après un passage par Beni, elle avait trouvé refuge à Byakato dans l’espoir de reconstruire sa vie et de trouver des moyens de subsistance. Mais la nouvelle flambée de violences a transformé cet espoir en cauchemar.
« Je suis déjà en fuite pour Beni. Je ne veux pas mourir ici après m’être échappée des griffes du M23. Nous étions avec ma sœur, mais là je suis seule. Je ne sais pas où elle est. C’est vraiment de la souffrance que nous vivons », raconte-t-elle en pleurs.
Sur le terrain, plusieurs familles abandonnent précipitamment leurs habitations pour rejoindre des centres urbains jugés plus sécurisés, malgré les conditions humanitaires déjà difficiles dans ces zones d’accueil.
Ces nouvelles violences viennent accentuer la crise humanitaire dans l’Est de la RDC, où des milliers de personnes se retrouvent contraintes à des déplacements successifs, fuyant tour à tour les affrontements armés, les massacres et l’insécurité persistante.
Diddy Mastaki