La grève des chauffeurs, déclenchée après l’assassinat de trois de leurs collègues à Pimbo, dans le territoire de Djugu, continue de paralyser la circulation sur la route nationale numéro 27 (RN 27), en province de l’Ituri. Depuis la semaine dernière, des milliers de véhicules sont immobilisés dans plusieurs agglomérations, tandis que des voyageurs, faute de places dans les hôtels, sont contraints de passer la nuit à même le sol. Cette situation perturbe également l’acheminement des produits alimentaires vers les marchés de Bunia.
À Uguro, Ngote, Nioka, Fataki et dans d’autres localités situées le long de cet axe routier, des voitures, des camions-remorques et des bus de transport en commun restent stationnés, empêchant la circulation normale entre le territoire de Mahagi et la ville de Bunia, en passant par le territoire de Djugu.
À l’origine de cette mobilisation figure l’assassinat de trois chauffeurs, survenu le mardi 13 octobre 2026 à Pimbo, dans le territoire de Djugu. En réaction à ce drame, leurs collègues ont déclenché une grève pour dénoncer l’insécurité sur cet axe routier et réclamer des mesures concrètes de protection de la part du gouvernement.
Les grévistes demandent également l’organisation d’obsèques dignes pour leurs collègues décédés, rapporte visibilitemediapro.cd.
Des voyageurs contraints de dormir à même le sol
Les conséquences de cette paralysie se font particulièrement sentir dans les localités où sont immobilisés les véhicules. L’afflux de passagers incapables de poursuivre leur trajet a entraîné la saturation de plusieurs hôtels et autres structures d’hébergement.
Faute de chambres disponibles et de moyens financiers suffisants pour prolonger leur séjour, certains voyageurs passent désormais la nuit à même le sol, sans disposer d’un abri adapté.
Femmes, hommes et autres passagers se retrouvent ainsi dans des conditions particulièrement difficiles, alors que la reprise du trafic se fait toujours attendre. À ces problèmes d’hébergement s’ajoutent les dépenses imprévues liées à la restauration et aux autres besoins quotidiens.
Pour les voyageurs disposant des ressources limitées, la prolongation de cette immobilisation constitue une charge supplémentaire, qui rend leur situation de plus en plus préoccupante.
L’approvisionnement de Bunia perturbé
La paralysie de la RN 27 affecte également les activités économiques entre Mahagi et Bunia. Plusieurs produits alimentaires en provenance du territoire de Mahagi et destinés aux marchés de la ville de Bunia restent bloqués en cours de route.
Cette interruption de la circulation complique le transport des marchandises et retarde leur arrivée auprès des commerçants et des consommateurs. Si la situation se prolonge, elle pourrait accentuer les difficultés d’approvisionnement dans les marchés concernés.
Les transporteurs et les opérateurs économiques subissent également les conséquences de cette grève, tandis que les voyageurs doivent supporter les coûts supplémentaires liés à leur immobilisation.
La RN 27 constitue un axe important pour la circulation des personnes et des marchandises entre le territoire de Mahagi, le territoire de Djugu et la ville de Bunia. La persistance du blocage affecte ainsi plusieurs catégories d’usagers et perturbe les échanges dans cette partie de l’Ituri.
La sécurité au cœur des revendications
Les chauffeurs maintiennent leur mobilisation pour obtenir des mesures concrètes visant à renforcer la sécurité sur la RN 27 et à prévenir de nouvelles attaques contre les conducteurs.
Leur mouvement intervient dans un contexte où l’insécurité constitue une préoccupation majeure pour les usagers de cet axe routier. L’assassinat de leurs trois collègues a ravivé les inquiétudes au sein de la profession, notamment sur les conditions dans lesquelles les transporteurs exercent leurs activités.
En attendant une issue à cette grève, des milliers de véhicules restent immobilisés, les hôtels affichent complet dans plusieurs localités et des voyageurs continuent de passer la nuit dans des conditions précaires.
La reprise du trafic dépend désormais de la recherche d’une solution à cette crise, alors que les usagers attendent des réponses aux revendications des chauffeurs et des garanties de sécurité pour leurs déplacements.
Au-delà de la levée de la grève, le renforcement de la sécurité sur la RN 27 apparaît comme un enjeu majeur pour protéger les conducteurs, faciliter l’approvisionnement des marchés et rétablir la circulation entre Mahagi et Bunia.
Joël Heri Budjo