Le Groupe de contact international pour la région des Grands Lacs (GCI) s’oppose à toute conquête du pouvoir par les armes et appelle à privilégier une solution politique et pacifique à la crise congolaise. Dans une déclaration conjointe publiée le vendredi 30 octobre 2026, cette instance diplomatique met en garde contre la violence politique attribuée au Front pour la refondation de la nation (FRN), tout en réitérant ses exigences à l’égard de Kigali et de Kinshasa dans le cadre de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations-Unies.
La crise sécuritaire dans l’Est de la République Démocratique du Congo continue de mobiliser les partenaires internationaux. Face à la nouvelle configuration politique et militaire autour du Front pour la refondation de la nation (FRN), récemment créé, le Groupe de contact international pour la région des Grands Lacs affiche son opposition à toute démarche visant à atteindre des objectifs politiques par la violence.
Dans sa déclaration conjointe, le groupe, présidé par la France et comprenant notamment les États-Unis, la Belgique, le Royaume-Uni et l’Union Européenne, rejette catégoriquement le recours à la lutte armée comme moyen de conquête ou d’exercice du pouvoir politique.
Cette position intervient dans un contexte marqué par la recomposition de l’AFC/M23 en FRN, ainsi que par les tensions persistantes autour de la recherche d’une solution durable à la crise dans l’Est de la RDC.
Le dialogue intercongolais présenté comme une voie de sortie
Au-delà de son opposition à la violence politique, le GCI appelle l’ensemble des acteurs concernés à respecter l’État de droit et les dispositions de la Constitution Congolaise.
Le groupe plaide en faveur d’un dialogue intercongolais pacifique et inclusif, estimant que les différends politiques doivent être résolus par des mécanismes institutionnels et des voies de concertation plutôt que par les armes.
Cet appel intervient alors que la crise Congolaise se déroule sur plusieurs fronts : affrontements armés dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, tensions politiques internes et multiplication des initiatives diplomatiques visant à rétablir la paix.
Le Rwanda de nouveau appelé à retirer ses troupes de la RDC
Sur le volet régional, le Groupe de contact international réitère également l’exigence contenue dans la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations-Unies, adoptée en février 2025.
Cette résolution demande explicitement à la Force de défense rwandaise de cesser son soutien au M23 et de retirer immédiatement ses troupes du territoire Congolais, sans conditions préalables.
Cette exigence demeure au cœur des discussions diplomatiques entre Kinshasa et Kigali, alors que les autorités congolaises continuent de dénoncer l’implication du Rwanda dans le conflit dans l’Est du pays.
Kinshasa également appelé à préciser le calendrier de désarmement des FDLR
La déclaration concerne aussi les responsabilités du gouvernement congolais. Le GCI invite Kinshasa à présenter un calendrier précis pour le désarmement des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).
Cette demande s’inscrit dans la continuité des engagements pris dans le cadre des accords de Washington. En août dernier, le groupe avait déjà exhorté les autorités congolaises à élaborer un plan opérationnel et un calendrier réaliste pour la neutralisation des FDLR, après l’annonce de la signature d’un protocole de désarmement par une faction de ce mouvement.
L’approche du GCI met ainsi en évidence les obligations attendues des différentes parties : le retrait des forces Rwandaises et la fin de leur soutien au M23, d’une part, et la mise en œuvre du processus de désarmement des FDLR par Kinshasa, d’autre part.
Une pression diplomatique pour sortir de l’impasse
À travers cette prise de position, les partenaires internationaux entendent maintenir la pression sur les acteurs Congolais et régionaux afin de favoriser une désescalade et de préserver les perspectives de règlement politique du conflit.
Cependant, entre les engagements diplomatiques et la réalité sur le terrain, le chemin vers une paix durable reste semé d’obstacles. La poursuite des affrontements, les divergences politiques et les accusations réciproques entre les parties continuent de compliquer la mise en œuvre des initiatives de paix.
Le message du Groupe de contact international est néanmoins clair : la crise des Grands Lacs ne peut trouver une issue durable par la violence, mais nécessite le respect des engagements régionaux, des institutions et des mécanismes de dialogue.
Diddy Mastaki