Elles sont venues les mains chargées d’un cadeau, alors qu’elles disent elles-mêmes compter parmi les personnes les plus vulnérables. Des femmes vivant avec handicap, réunies au sein du Regroupement des Femmes Handicapées Unies pour le Développement (REPHADE), ont offert dimanche une vache au prophète et docteur Jules Mulindwa, avant de repartir avec une enveloppe de 10 millions de francs congolais destinée à soutenir leurs activités économiques.
La scène s’est déroulée le 30 août 2026 à la Cité de Refuge, dans la commune de Lemba, lors d’un service religieux. Pour ces femmes, l’offrande constituait un geste de reconnaissance envers le responsable de l’Église Pentecôtiste Lumière du Monde – Cité de Refuge, qu’elles présentent comme une figure spirituelle dont les prédications apportent réconfort et espoir à la population congolaise.
Dans son message, la présidente de coordination du REPHADE, Chantal Nzungu, a également salué le parcours et le leadership spirituel de Jules Mulindwa, ainsi que son engagement patriotique et son soutien aux actions du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Mais c’est le caractère inhabituel de leur démarche qui a particulièrement retenu l’attention. Ces femmes, dont plusieurs vivent dans une situation économique difficile et sont présentées comme exposées à la mendicité, ont choisi de poser elles-mêmes un acte de générosité envers le prophète.
L’offrande d’une vache, considérée dans de nombreuses traditions africaines comme un symbole de respect, de reconnaissance et d’attachement, a ainsi créé un contraste saisissant : celles qui sont généralement perçues comme des personnes devant recevoir de l’aide se sont retrouvées, le temps d’une cérémonie, dans la position de celles qui donnent.
Visiblement surpris par ce geste, Jules Mulindwa a réagi en leur apportant à son tour un soutien financier. Le prophète, également présenté comme Grand Prix Mondial pour la Paix, leur a remis 10 millions de francs congolais, destinés à financer des activités génératrices de revenus.
Cette enveloppe doit bénéficier notamment à une quinzaine de parents membres du REPHADE qui souhaitent développer de petites activités commerciales et artisanales afin de gagner en autonomie financière.
Les bénéficiaires envisagent notamment des activités de coupe et couture ainsi que différents petits commerces de proximité.
Au-delà de la cérémonie religieuse, la rencontre aura donc été marquée par un échange symbolique : des femmes considérées comme vulnérables sont venues donner, et leur geste a finalement déclenché un soutien destiné à leur permettre de devenir davantage autonomes.
Pour le REPHADE, cette initiative traduit également une volonté de changer le regard porté sur les personnes vivant avec handicap, en les présentant non seulement comme des bénéficiaires de l'aide, mais aussi comme des personnes capables de contribuer, d'entreprendre et de participer pleinement à la vie sociale.
Daudi Amin