Une partie importante du Parc National de Kahuzi-Biega est en train de partir en fumée. L'alerte a été lancée par l'organisation « Les Écologistes RDC ».
Selon son Communiqué de Presse N°04/EcolosRDC/03/B.CN/PKK/2026, consulté par congorassure.cd un feu de brousse se serait déclaré dans le groupement Musenyi, en chefferie de Buloho, dans la Province du Sud-Kivu, en l'Est de la République Démocratique du Congo.
L'origine de ce feu n'est pas encore connue. La structure alerte que cette menace présente le risque d'embraser une partie du secteur organisationnel de Nkuku, vers le secteur de Bakano, dans le territoire de Walikale, en Province du Nord-Kivu.
Ce n'est cependant pas le premier cas. Le Parc National de Kahuzi-Biega a connu un cas similaire dans un passé récent.
Appel à l'ICCN
La Direction Générale de l'Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) est invitée à prendre des mesures urgentes pour arrêter ce feu et éviter sa propagation.
Le Chef du site du Parc National de Kahuzi-Biega est quant à lui invité à diligenter des enquêtes pour déterminer les causes réelles de ce feu, et prendre les mesures qui s'imposent durablement.
« Les Écologistes RDC » rappellent que le Parc National de Kahuzi-Biega a été créé en 1970 avant son extension dans la basse altitude en juillet 1975 avec une superficie totale de 600.000 hectares couvrant les provinces du Sud-Kivu, du Maniema et du Nord-Kivu.
Ce parc abrite une richesse extraordinaire, notamment les gorilles de Grauer, un site du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1980. Il avait été retiré de la première liste pour être inscrit sur la liste du patrimoine mondial en péril en 1996.
Aujourd'hui, d'immenses étendues de ce parc échappent au contrôle des autorités de l'ICCN. Différentes espèces de la faune et de sa flore sont suffisamment menacées d'extinction. Ce parc fait l'objet de braconnages, d'abattages de certaines espèces ligneuses recherchées et de l'exploitation illégale des minerais.
Un dialogue multi-acteurs demandé
Pour l'organisation, ces efforts ne cessent d'être consentis pour tenter de reprendre son statut de patrimoine mondial, mais les défis persistent.
« Il se pose notamment un défaut croissant de communication entre les différentes parties prenantes, un faible engagement d'acteurs et le manque d'un cadre d'échanges multi-acteurs et multisectoriel », écrit Prince Kihangi Kyamwami, Coordonnateur National et Directeur de Publication du Magazine Forêts du Kivu.
C'est pourquoi, à l'occasion de cette crise, l'organisation invite le Directeur Général de l'ICCN à s'impliquer personnellement dans la résolution de cette crise, liant la problématique du Parc National de Kahuzi-Biega (PNKB) à celle du Parc National des Virunga (PNVi).
Elle plaide pour la nécessité d'organiser le Dialogue Vert des parties prenantes à travers la cité de voûte permettant d'adapter la conservation au contexte actuel des changements climatiques, de développement durable et de lutte contre la pauvreté en République Démocratique du Congo.
David Aluta