Enlevés le 19 juillet 2025 sur l’axe Mahagi–Bunia alors qu’ils étaient en mission d’assistance aux déplacés de guerre, quatre humanitaires ont été exécutés avant d’être enterrés dans une fosse commune à Iga-Barrière. Plus d’une année après leur disparition, leurs dépouilles regagnent enfin leurs terres natales pour une sépulture digne.
Après plus d’une année d’incertitude, les familles des quatre humanitaires enlevés en Ituri le 19 juillet 2025 vont enfin pouvoir accomplir leur dernier devoir envers leurs proches.
Les quatre membres de l’équipe humanitaire avaient été interceptés sur la route Mahagi–Bunia, alors qu’ils se rendaient en mission pour distribuer une aide destinée aux personnes déplacées par la guerre.
Parmi les victimes figurait Muyisa Kisando Sokomeka, connu sous le nom de Bakoko Mukobi, présenté par sa famille comme un jeune humanitaire engagé au service des personnes vulnérables.
Au moment de leur enlèvement, la jeep conduite par Muyisa Kisando Sokomeka ainsi que l’argent destiné à l’assistance aux bénéficiaires avaient été emportés.
Pendant plus d’une année, leurs familles sont restées sans réponse définitive sur leur sort, entre inquiétude, attente et espoir de les retrouver vivants.
La vérité finalement établie est particulièrement douloureuse : les quatre humanitaires ont été exécutés puis enterrés dans une fosse commune à Iga-Barrière, à environ 45 kilomètres de Bunia.
Leur identification et le rapatriement de leurs dépouilles permettent désormais aux familles de mettre fin à cette longue période d’attente et de leur offrir une sépulture conforme à leurs traditions.
Ils étaient partis pour aider les victimes de la guerre
Le drame prend une dimension particulière pour leurs proches : les quatre victimes avaient pris la route pour apporter une assistance aux populations déplacées par le conflit en Ituri.
Ils sont finalement devenus eux-mêmes victimes de la violence qui frappe les populations qu’ils étaient chargés d’assister.
Pour la famille de Muyisa, le retour de sa dépouille constitue un moment à la fois attendu et douloureux.
« Nous avons passé une année à espérer que tu respirais encore. Aujourd’hui, nous devons accepter l’inacceptable : ton retour se fera sans toi », témoigne son proche dans un message d’hommage.
Une année d’attente, d’angoisse et d’espoir s’achève ainsi dans le deuil.
Les obsèques prévues à Beni et sur l’axe de Kyondo
Les cérémonies funèbres sont programmées à partir de ce jeudi 11 septembre, avec une veillée mortuaire.
Le vendredi 12 septembre, une messe de funérailles est prévue de 9 heures à 10 heures à la paroisse catholique de Maluli, à Bwinongo.
La levée du corps interviendra à 10h15, avant le départ vers Kasongwere-Kyaswakibwe, sur l’axe Kyondo, où l’inhumation est prévue.
Après plus d’une année d’attente, les quatre humanitaires vont ainsi retrouver leurs terres natales.
Ils étaient partis pour apporter de l’aide aux victimes de la guerre. Ils reviennent aujourd’hui comme victimes de cette même violence. Leur mémoire restera liée à cette mission humanitaire interrompue dans les circonstances les plus tragiques.
Diddy Mastaki