Une fusillade survenue mercredi dernier en début de soirée au marché de Kisekka, à Kampala, suscite de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux en Ouganda. Selon plusieurs publications, les coups de feu ont éclaté aux alentours de 18h40, provoquant un mouvement de panique parmi les commerçants et les passants.
Réagissant à ces images largement relayées en ligne, l'opposant Ougandais Robert Kyagulanyi, plus connu sous le nom de Bobi Wine, a vivement critiqué les autorités, établissant un parallèle avec le récent relèvement par les États-Unis d’Amérique du niveau d'alerte concernant les voyages en Ouganda.
Selon lui, la succession d'incidents sécuritaires, après plusieurs accidents survenus ces derniers jours, renforce les inquiétudes sur la situation sécuritaire du pays.
« La semaine dernière encore, les défenseurs du régime remettaient en cause la décision des États-Unis de placer l'Ouganda au niveau 4 ("Do Not Travel"). Nous aimons notre pays, mais ceux qui le dirigent sont les ennemis de notre pays », a déclaré Bobi Wine.
L'opposant affirme que les images de la fusillade donnent l'impression d'une scène de guerre alors qu'elles ont été tournées « au cœur de la capitale », dénonçant la présence d'hommes lourdement armés en civil qu'il présente comme des agents du régime.
« Comment les citoyens peuvent-ils distinguer les criminels des agents de sécurité lorsqu'il n'existe aucune différence dans leur manière d'agir ? Nous devons construire un pays où les forces de sécurité se comportent avec le plus grand professionnalisme », a-t-il ajouté.
À ce stade, les autorités ougandaises n'ont pas encore communiqué officiellement sur les circonstances exactes de cette fusillade ni sur l'identité des personnes impliquées. Les informations diffusées proviennent principalement de témoignages et de vidéos partagés sur les réseaux sociaux.
Cet incident intervient dans un contexte de fortes tensions politiques en Ouganda, où l'opposition continue de dénoncer des atteintes aux droits humains et des pratiques sécuritaires qu'elle juge répressives, tandis que le gouvernement rejette régulièrement ces accusations.
Diddy Mastaki