Dans une lettre ouverte adressée au Président de la République ce lundi 26 octobre, l'Alliance Nationale pour la Paix et la Démocratie (ANAPADE) apporte son soutien de principe à la démarche référendaire proposée par le Chef de l'État et répond à la lettre du sénateur Salomon Kalonda Della Idi.
Le parti présidé par le Dr Mialano Tangania David dit avoir pris connaissance de la lettre ouverte datée du 15 juin 2026 attribuée au sénateur Salomon Kalonda Della Idi, qui conteste une proposition de loi référendaire relative à la Constitution.
Pour l'ANAPADE, parti qui se définit comme « Parti de la Révolution », le recours au peuple ne saurait être assimilé, à lui seul, à une remise en cause de la démocratie.
« L'ANAPADE soutient, sur le principe, la possibilité de soumettre au peuple Congolais une question constitutionnelle par la voie d'un référendum, dans le strict respect des procédures et limites fixées par la Constitution », écrit le parti.
Le parti précise toutefois que ce soutien doit reposer sur « un texte rendu public, une information contradictoire et un scrutin libre, inclusif et crédible.
Répondant aux inquiétudes évoquées par le sénateur Kalonda concernant le risque d'un troisième mandat, la concentration du pouvoir et la fragilisation de l'unité nationale, l'ANAPADE reconnaît que ces craintes « méritent des réponses précises, et non des procès d'intention ».
« Notre soutien ne constitue pas un blanc-seing à une prolongation personnelle du pouvoir », insiste l'ANAPADE, qui demande que toute initiative référendaire « indique explicitement ses objectifs, ses dispositions proposées et ses garanties contre les abus ».
Le parti rappelle également que les matières constitutionnellement soustraites à la révision, notamment les articles 218 à 220, « ne sauraient être contournées par une simple formulation politique ».
L'Alliance pose cinq conditions indispensables pour un référendum crédible, la publication intégrale du texte proposé et de son exposé des motifs, des consultations ouvertes associant les provinces, les femmes, les jeunes, les forces sociales et les Congolais de l'étranger, un examen juridique indépendant, une campagne équitable permettant l'expression du « oui »comme du « non », des mesures crédibles garantissant la sécurité et la participation des électeurs, y compris dans l'Est du pays.
Tout en reconnaissant la gravité de la situation sécuritaire et humanitaire dans l'Est, l'ANAPADE estime que cette urgence « ne supprime pas le droit des citoyens à discuter de l'architecture institutionnelle de leur État ».
En conclusion, le parti se démarque clairement de la demande de retrait formulée par le sénateur Salomon Kalonda Della Idi et affirme que « le dernier mot doit appartenir au peuple, dans des conditions de liberté et de sincérité incontestables ».
Rédaction