Visé par une motion de défiance à l’Assemblée nationale sur fond de soupçons de détournement de 57 millions de dollars américains liés au Projet d’entrepreneuriat des jeunes dans l’agriculture et l’agro-business (PEJAB), le ministre d’État en charge de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi, reçoit le soutien des Wazalendo du Nord-Kivu. Ces derniers contestent la démarche parlementaire et demandent l’ouverture d’une enquête visant la députée à l’origine de la motion.
Le dossier de la motion de défiance contre Muhindo Nzangi suscite des réactions au Nord-Kivu. Les Wazalendo, qui présentent le ministre comme un allié de leur cause et le désignent par l’appellation « Muzalendo Mkuu », prennent publiquement sa défense face aux accusations portées contre lui.
Ces groupes dénoncent une démarche qu’ils estiment « injustifiée ». Selon eux, les faits évoqués dans le dossier remonteraient à 2016, sous le régime de l’ancien président Joseph Kabila, ce qui soulève, à leurs yeux, des interrogations sur les responsabilités à établir et la période concernée.
Les Wazalendo réclament une enquête
Au-delà de leur soutien au ministre, les Wazalendo réclament une enquête sur la députée initiatrice de la motion, qu’ils soupçonnent de collusion avec Joseph Kabila.
Ces accusations relèvent toutefois de leur position et ne constituent pas, en l’état des informations disponibles, une preuve d’une quelconque collusion. Les éléments avancés par les différentes parties nécessitent une vérification indépendante.
La motion de défiance visant Muhindo Nzangi porte sur des soupçons de détournement présumé de 57 millions de dollars Américains dans le cadre du PEJAB. À ce stade, ces accusations ne doivent pas être assimilées à une culpabilité établie.
Le débat soulève notamment deux questions : la traçabilité des fonds concernés et l’identification des responsabilités éventuelles, en tenant compte de la période d’exécution des opérations incriminées.
Entre la contestation des Wazalendo et les accusations formulées contre le ministre, l’établissement des faits demeure essentiel. Seule une enquête fondée sur des éléments vérifiables permettra de déterminer les responsabilités, sans préjuger de la culpabilité de l’une ou l’autre des personnes mises en cause.
Diddy Mastaki