La République Démocratique du Congo et les Émirats Arabes Unis franchissent une nouvelle étape dans leur coopération économique. Entré officiellement en vigueur ce vendredi 30 octobre 2026, l’Accord de partenariat économique global (CEPA) prévoit notamment la suppression des droits de douane sur la grande majorité des lignes tarifaires, la simplification des procédures douanières et un renforcement des investissements dans plusieurs secteurs stratégiques.
Les relations commerciales entre Kinshasa et Abou Dhabi prennent une nouvelle dimension. L’entrée en vigueur de l’Accord de partenariat économique global, dénommé « Comprehensive Economic Partnership Agreement » (CEPA), ouvre un cadre destiné à faciliter les échanges de marchandises et à encourager les investissements entre les deux pays.
Selon l’annonce publiée par l’Agence de presse des Émirats (WAM), le dispositif prévoit la suppression des droits de douane sur la grande majorité des produits concernés, l’harmonisation des procédures douanières ainsi que la réduction des obstacles administratifs au commerce.
Des échanges commerciaux en forte progression
Cette entrée en vigueur intervient dans un contexte de croissance des échanges bilatéraux. En 2025, le commerce non pétrolier entre les deux pays a atteint 3,5 milliards de dollars Américains, soit une progression de 38,5 % par rapport à 2024.
Les Émirats Arabes Unis constituent notamment un marché de destination pour plusieurs produits congolais, dont les métaux, les produits alimentaires, le coton et certaines productions agricoles. De leur côté, les exportations Emiraties vers la RDC comprennent principalement des véhicules, des machines, des équipements électroniques et des matériaux de construction.
La logistique, l’énergie et l’industrie dans le viseur
Au-delà de la réduction des barrières commerciales, l’accord entend favoriser les investissements dans des secteurs considérés comme prioritaires, notamment la logistique, l’énergie et l’industrie manufacturière.
Pour les Émirats, la RDC représente un marché important et une porte d’accès vers l’Afrique centrale et orientale. Sa position géographique, avec des frontières communes avec neuf pays, constitue un atout pour les entreprises souhaitant développer leurs activités dans la région.
Le pays dispose également d’importantes ressources naturelles, notamment le cobalt, le cuivre, l’or, l’étain, le tantale et le tungstène. La RDC est présentée par les autorités Emiraties comme le premier producteur mondial de cobalt et le principal producteur africain de cuivre.
Un accord signé en février 2026
Le CEPA avait été signé le 2 février 2026 à Abou Dhabi, en présence du président émirati, Cheikh Mohamed ben Zayed Al Nahyane, et du président congolais, Félix Tshisekedi.
La signature avait été effectuée par le ministre émirati du Commerce extérieur, Thani Bin Ahmed Al Zeyoudi, et le ministre Congolais du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya. Elle s’inscrivait dans une volonté commune de renforcer les relations économiques et d’élargir les possibilités de coopération entre les secteurs privés des deux pays.
Pour les autorités émiraties, l’entrée en vigueur de cet accord constitue une nouvelle étape dans leur stratégie de développement des partenariats commerciaux internationaux. Le ministre Thani Bin Ahmed Al Zeyoudi estime qu’il permettra aux exportateurs, investisseurs et industriels émiratis de bénéficier d’un meilleur accès au marché Congolais et, plus largement, aux opportunités offertes par la région.
Reste désormais à observer les retombées concrètes de ce partenariat pour l’économie Congolaise, notamment en matière d’investissements productifs, de transformation locale des ressources naturelles, de création d’emplois et de diversification des exportations.
Diddy Mastaki